Transcription (version texte)
Les grands cycles. Prenez une cuillère de sol fertile : elle contient, selon les méthodes, de l'ordre de cent millions à dix milliards de micro-organismes par gramme — un monde entier caché dans la pénombre, dont l'œil ne voit jamais la diversité. Ce monde travaille : il décompose, fixe, transforme ; le carbone, l'azote, l'eau y passent et y reviennent. Les cycles qui soutiennent la surface de la Terre ne sont pas des cercles dessinés pour plaire : ce sont des flux mesurés, avec sources, puits et temps de résidence. Le musée affiche la fourchette plutôt qu'un chiffre unique, parce que l'honnêteté l'exige : une cuillère de sol est une image commode, et compter l'invisible est un art difficile. Mais ce qui est compté suffit au vertige : sous vos pas, le plus petit des mondes fait tourner le plus grand des cycles. Et ce qui vaut pour le sol vaut pour la mer, les forêts, les souffles : tout passe, rien ne se perd sans se transformer. Les grands cycles sont la physiologie lente de la Terre ; cette salle vous invite à en suivre un, flux mesuré par flux mesuré.